samedi 19 juillet 2008

"J'ai laissé des bouts de moi au creux de chaque endroit"

Me voilà en Corse.
Jusqu'au 29 juillet.

Un grand bien.
Retrouver les siens, sa famille, ses amis.
Ceux qui font que je suis ce que je suis aujourd'hui.
Séjour dans la maison de Soeurette et Beaufadoré.
Très joli panier, aménagé avec goût. Plein de vie, une maison avec une âme.
Je leur souhaite de prendre soin de leur couple, de leur amour et de vivre longtemps et bien ici.
Ils le méritent!

Revenir ici, déjeuner en famille, s'engueuler, rouspéter, s'embrasser.
Parents, GrandsMères.
Revoir les amis. Ils changent, s'installent, déménagent, restent.
Des petits moments complices.
Improviser un coucher de soleil sur la plage.
J'espère garder cette âme vacances toujours, ce goût de tout est possible, sans se prendre le chou.

Et toujours...
une mélancolie.
Un lieu chargé de souvenirs, mais tout ici est chargé de souvenirs pour moi.
Le moindre bout de trottoir, le moindre rayon de soleil.
Le moindre tiroir chez mes parents, que j'ai ouvert tant de fois, ces objets au mur que je ne voyais plus de trop les voir.
Et à chacune de ces choses une pointe de mélancolie.
Comme des micro coupures qui se réveillent lorsque on pelle des tomates. On les voit pas, on les sent pas, mais au contact du fruit, elles se réveillent et brûlent.

Parce que j'ai la mélancolie triste, comme d'autre le vin.

Voilà 10 jours que je suis ici, ça commence à aller mieux.
Mais l'adaptation fut difficile...douloureuse même.
Décalage horaire non, mais affectif oui.

L'impression que je devrais être là, et pourtant je n'y suis plus.
Le sentiment que je pourrais y être encore, y revenir un jour.
Et la certitude que je ne veux pas, ne peux pas.
Qu'à peine revenue, je voudrai en repartir.
La difficulté de laisser ceux qu'on aime, le besoin indispensable de faire sa vie ailleurs.
Toujours le cul entre deux chaises. Entre île et continent, les fesses perdues dans la mer, entre hier et demain, entre mélancolies et projets.

"J'ai laissé des bouts de moi au creux de chaque endroit,
un peu de chair à chaque empreinte de mes pas"

ça doit être ces bouts de chair détaché que je retrouve, et l'écorchure qu'elles ont faites qui me brûlent.

Je me dis quand même qu'aussi tordue que je sois, ça fait parti de moi alors il faudra faire avec.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Vacances, t'oublies rien plutôt ! :)
Toutes ces touches de bonheur que ta mémoire te rend !
Ces bonheurs sont d'hier, donc un peu douloureux mais engrangés pour que demain tu les fructifies. Ailleurs, autrefois, mais là, à jamais.
Réservoir inépuisable pour être toi où que tu sois !
Tant mieux pour nous !
Gros bisous
Muriel, Walnut d'un ailleurs aussi ! :)

Chris a dit…

Merci Wal pour tes mots aussi touchants.
En ces temps de langage sms et de "Hahun, vi , euh ... attend j'te rappelle" superficiels, ça fait tellement du bien de te lire.

Je vais garder l'idée des touches de bonheur!

Anonyme a dit…

Tes mots à toi sont tous doux aussi, et plein de vie "précieuse".
Cet adjectif a repris sens récemment.
J'aime bien lire "ces bouts de toi".
C'est tout léger mais cela touche profond.

Place aux vacances, et pour 4 semaines, avec mes affreux lumineux!
Alors à bientôt Chris !

Muriel

Anonyme a dit…

Décidément, chaque fois que tu parles du "paese", j'en ai les larmes aux yeux (des larmichettes hein, et qui on est?!)
Comme je te comprends, c'est exactement ce que je ressens à chaque fois que je retourne en Corse, ou plutôt, que je rentre "chez moi", je ne peux pas m'empêcher de ressentir ça comme ça...
C'est très joliment écrit Mademoiselle, bravo...et quelque part ça me rassure, un peu égoïstement peut-être, de savoir que je ne suis pas la seule à ressentir tout cela...
Alors merci pour ces jolies choses que tu écris e forza'noi :)
Des bisous
A prestu
Vixy

Chris a dit…

Vixy,
je crois que ce que nous ressentons toutes les deux,
c'est ce que ressentent tous ceux qui sont loin de chez eux, et qui ont gardé une attache.

Pas facile.
Et pourtant nécessaire (tu nous imagines aujourd'hui, toutes les deux, trainant sur la place St Nicolas tous les samedis ... ???

Gasp.
On avait trop besoin d'ailleurs.