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vendredi 15 juin 2007

Où on revient...

Et me revoilà,
les doigts pleins de mots qui sont restés muets si longtemps.
(Ne cherchez pas de sens à ma phrase, c'est une licence poétique de niveau 4).

Si j'étais étudiante je dirai que je sèche. Mais aujourd'hui je fais grève.
Le genre qui sert à rien puisque je suis toute seule.
Mais le fait est que je finis cette année sur la jante et que je fais un arrêt d'urgence pour éviter l'explosion de pneu.

Mais remontons le temps pour expliquer.
Des vacances de février jusqu'à la fin des vacances d'avril : écriture du mémoire.
Autant poser des mots sur ce blog me vient aisément, autant il m'est difficile de disserter des heures sur : "chercher à savoir s’il est possible de conduire un apprentissage efficace de l’activité lutte dans des conditions de travail minimales."

J'en conviens, je n'ai pas un sujet facile et pas moyen de copiter sur des copains ... je n'ai trouvé aucun mémoire approchant celui là.
Donc galère.
Et plus une chose me rebute, plus de temps il me faut pour m'y mettre et une fois dedans, je mouline et pédale dans la semoule. Et donc ça me rebute encore plus.
C'est ma faute certes, je suis comme ça. Mais faudra bien faire avec.
"Si seulement dans ce qu'on est on pouvait faire un choix,
seulement voilà ... on peut pas." me chante la jolie Jeanne Cherhal.

Dernier jour des vacances je reçois un nouveau mail de mon directeur de mémoire, le dernier d'une très longue correspondance.
"Bravo, ton mémoire est prêt à être imprimé."
Youpi! J'ai l'impression d'avoir enfin éliminé le boss de fin de niveau du méchant dragon IUFM. En prime je gagne un objet magique : la fiche de suivi remise par mon dirlo qui me permet de déclarer fini mon mémoire et de le rendre (enfin!).

Et là, me direz vous tout heureux, nous sommes début mai et tu as fini ton année!
Que nenni.
Je soutiens (des fois qu'il tomberait) mon mémoire le 31 mai (10 minutes de blabla où je parle de mon mémoire mais sans trop en parler sinon ça fait redite, suivi de 10 minutes de questions).
Et durant 3 semaines je suis en stage à Vence, en grande section de maternelle.
Ces 3 semaines là sont à la fois géniales et éprouvantes de fatigue mais me prouve une fois de plus que j'aime vraiment ce métier, du plus profond de moi.
Il commence à faire très chaud, le retour à la maison le soir ne se fait pas sans 3/4 d'heure d'embouteillages, les petits demandent beaucoup de présence et d'attention.
Et l'adrénaline est au rendez-vous. J'enchaîne les 3 semaines en dormant peu, travaillant énormément. Mais heureuse.

Fin du stage. Week-end pour préparer mon retour dans mon autre stage (le filé, celui qui m'amène chaque mardi avec des CE1-CE2). Allez hop, une journée pour préparer.
Fin du mardi, préparer la soutenance du mémoire qui a lieu le surlendemain.

Jeudi : soutenance du mémoire.

Puis ... le vide ... le néant.
Plus d'envie, la pression inutile mais qui ne redescend pas (l'effet que doit ressentir un ballon d'hélium qui est perché et qui veut descendre mais non, il reste bloqué au plafond).

Et le lundi, retour à l'iufm.

Et là ... j'y arrive plus!
J'ai une maison en vrac,
un Chéridemoi qui me manque parce que j'ai passé tous mes week-end à bosser et mes soirées à bosser ou bien à m'effondrer de sommeil,
une vie sociale à reconstruire ("Nan là je peux pas je bosse et pis demain j'ai cours/stage/mémoire/piscine/migraine"),
des tonnes de livres à lire, ils me manquent eux aussi (même si c'est pas pareil),
des films à voir,
du temps à rien faire,
du temps à regarder pousser mes radis et grossir mes poivrons (pensez pas à mal je parle réellement de légumes...).

Et je suis obligée de passer mes journées dans des salles infâmes, à écouter parler des gens.
C'est au-delà de mes forces!
(bon d'accord, je tombe un peu dans le mélo, mais c'est mon blog de moi je fais ce que j'y veux) .

Nous finissons l'année le 3 juillet mais ...
Le restaurant de l'iufm est fermé depuis le 1er juin
(du coup on mange des boites de salade, vautrés sur la pelouse, bronzant au soleil, il y a pire c'est vrai)
la bibliothèque nous interdit d'emprunter livres
"Mais enfin, il s'est fini quand votre stage!"
"Il se finiRA le 3 juillet madame ... et j'aimerais continuer de préparer les leçons voyez vous!"
"aaaah mais il faut voir avec la chef alors parce que nous on peut rien faire et puis on doit faire l'inventaire alors..."
Des collègues ont résisté et on demander la réouverture des prêts.
Alors ce matin lorsque j'ai vu que "la chef" du centre de prêt a dit :
"Niet, pas emprunter livre, c'est comme ça et je vous merde."
Je me suis dis zut, flûte crutte (en fait j'ai pas dit tout à fait ça mais j'épargne vos chastes yeux),
il fait tout gris,
il fait tout fatigue,
je veux pas y aller,
puisque tout est fermé et que là bas plus personne ne fout rien j'y vais pas...

"J'veux pas y'aller à [cette journée], j'ai pas l'moral, j'suis fatigué, ils nous en voudront pas, allez on n'y va pas."
me chantonne Benanar près de mon oreiller.

Et bien vous savez quoi?
J'ai rangé des choses dans ma maison, fait une lessive qui sent bon quand on l'étend,
regardé "
Little Miss Sunshine", grand plaisir,
et pour couronner le tout : allongée sous la chaude couette, regardé la pluie tomber, fenêtre ouverte, vent frais du matin, écouté le tonnerre...
Et pour pouvoir profiter de ce moment là, j'ai séché aussi cet après-midi.
Et voilà.
Là je me sens bien mieux.

Et ça valait le coup puisque je vous ai enfin écrit !


dimanche 19 novembre 2006

Où on est pas trop là

Comme prévu, je rame à faire des mises à jour régulières.
Mais ce n'est pas par surcroit de travail comme je l'aurais pensé mais pour autre chose.

Premièrement et basiquement, je perds régulièrement mes paramètres de connexion.

Deuxièmement et péniblement, j'ai envie de groumpfer, et je n'ai pas non plus envie de vous gâcher vos journées en rouspétant.
Alors, rapidement et savagement, je vous fais part d'un peu de bleu (oh yeah...) : SORTEZ MOI DE L'IUFM !!
Voilà c'est dit, j'en peux plus des cours "stylo-quatre-couleurs", des projets à faire en tous sens (mais sans en avoir...de sens) et des classes considérées comme des réservoirs à cobayes.
D'ailleurs on parle beaucoup de pédagogie, de projets, de tas de trucs à faire plus ou mois obligatoire, mais jamais de la matière première, à savoir : le nenfant. Ce truc est si petit qu'on l'oublie. Ce machin qui geint "Maîkreeeeeeeeeeeeessse!" et qui te regarde avec des yeux plein d'amour. Cette chose dont il faut s'occuper...
Ben non, c'est inconnu là-haut, à l'IUFM.
ça n'existe pas.
On a juste un "groupe classe", objet pas très identifié, où il faut caser un max de chose à faire pour l'IUFM, et non pour eux.
Quid de l'enfant, de ses états d'âme, de ses besoins, de ses envie?
On sait pas, on en parle pas...chuuttt, ça pourrait réveiller l'enfant qui est en nous. Restons mloin de la réalité, c'est plus prudent.

Parce que n'oublions pas que nous travaillons pour l'IUFM et non pour les enfants, pour un mémoire (LE MEMOIRE) et non pour la pédagogie.
S'il y a tant de dépressifs dans l'éducation nationale, c'est qu'on les prépare dès leur formation. ça s'apprend la dépression, le nervous breakdown...C'est tout un art et il faut commencer tôt!

Allez, j'ose paraphraser : "Ah quels pédagogues nous étions quand nous n'avions pas le soucis de la pédagogie!".

Ceci dit, à l'éclairage de mon ressentiment, tout n'est pas noir. Il y a des profs sérieux qui ne se prennent pas au sérieux et qui osent avouer leur limites. Des qui répondent aux mails qu'on leur envoi (mais pas le prof d'info, le seul, qui au vu de sa matière, devrait bien savoir comment fonctionne un mail), qui nous guident et nous conseillent. Qui sont là pour nous et pas pour l'IUFM.
Il y a aussi des cours de guitare qui me permettent d'oser enfin amener l'instrument en classe et...chanter avec les enfants!!
Il y a aussi un groupe avec des chouettes copines et copain (oui, il est tou seul) où on se soutient les coudes et où on craquent tous joyeusement, mais ensemble...

Bref...
Je travaille à renverser la vapeur et à profiter de la vie.
Le seul jour de la semaine qui compte pour moi est le mardi, jour où je suis dans ma classe.
Avantage : une semaine de 1 jour...qui dit mieux??
Et le reste du temps...on pense à ceux qu'on aime.
Bon, là, je dis ça, maintenant reste à le faire. On se détache, on s'envole...
Work in Progress.


La citation est de Daniel Pennac, vous l'aurez reconnu.

dimanche 22 octobre 2006

Où on s'essoufle

On a beau me dire que c'est normal,
qu'on a passé deux mois de boulot à plein régime
qu'il y a le "contre-coup" de la rentrée
que c'est normal...

Et bien je suis à plat, je tire la lanque et tend la main vers mercredi, premier jour des vacances.

En plus ma tutrice vient me rendre une visite dans ma classe mardi matin...
ça va être chaud!!!

Allez...dans 48h je suis peinarde...

samedi 30 septembre 2006

Où l'on s'illumine

Séance de sport avec des Grandes Sections (dernière année de Maternelle, 5 ans).
Le jeu des Déménageurs.
L'histoire est simple : il faut déménager les meubles dans la maison.
Des enfants font les meubles, d'autres les déménageurs.

Les meubles doivent se placer à terre, comme ils veulent. Les déménageurs doivent les transporter sans les casser (leur faire mal).
On s'allonge ou on s'assoit, et soudain, un original se met à quatre pattes, les fesses pointées vers le ciel.
"Que fais tu?"
"Ben, je fais la table!"
Croyez moi, les copains n'ont jamais réussi à déplacer la table d'un milimètre!
Fou rire garanti des maîtresses.

Au groupe suivant l'idée a du succès j'ai donc trois tables basses...
Je demande à un garçon (un petit peu agité par ailleurs) de changer. Il n'a pas trop d'idée, s'assoit. Je lui lève les bras en disant "Et bien fait la lampe!'
Et le voilà tout fier, les mains jointes au-dessus de la tête tel Shiva, dos droit, sourire béat aux lèvres, inflexible.
Imperturbable alors qu'autour de lui tous s'agitaient et rigolaient, poussaient, tiraient, soulevaient, culbutaient.
Lui il faisait la lampe, ses mains telles une ampoule "flamme" éclairaient son visage.
Il a été trimballé dans la maison et n'a pas bougé d'un iota. Lorsque le jeu s'est terminé et que l'ont a fait un petit bilan des réussites et des difficultés, il était toujours posté comme un lampadaire vintage.

C'est aussi pour ces moments là que j'aime mon métier.
Parce que tous les jours on est surprit, parce qu'on peut rire, fou rire, attrapper un petit moment de bonheur qui fait ces grands souvenirs.

samedi 16 septembre 2006

où on a du mal à s'y mettre

15 jours que la rentrée est passée.
1 jour toute seule dans ma classe.
Et ça a été pénible.
ça bavarde dans tous les coins, ça se dissipe, ça tourne pas rond.
CE1-CE2, ça veut dire deux classes en une, ça veut dire courir de l'une à l'autre, ça veut dire occuper de façon certaine un groupe pendant qu'on est présent avec l'autre.
En l'occurence...c'est carrément pas gagné...

Oh! rien de grave. Je n'ai jamais perdu le contrôle, tout a avancé quand même sans pétage de plomb général. Mais quand à la fin de la journée je constate que je n'ai pas fait grand chose, c'est frustrant.
Et je me dis que ça aurait pu être tellement pire!
Si je n'avais pas eu l'expérience de la vie d'une classe, si je ne savais pas oser élever la voix, si je ne savais pas jouer du regard méchant, théâtraliser ("Mademoiselle A., je t'en prie refait ta grimace à toute la classe, c'est dommage que je sois seule à en profiter!!") avec force gestuelle et intonation...

Pas facile d'être dans la classe de quelqu'un, dans ses chaussons une journée par semaine.
Mais j'ai de la chance. C'est quelqu'un de bien. Un petit détail qui a son importance : en me faisant visiter les locaux, arrivé dans sa classe elle a dit : "Voilà notre classe". Un petit possessif qui a son importance.

Demain dimanche, jour du poulet-frites, jour de prep...
On va préparer notre mardi et repartir à la guerre!
Avec une jolie chanson, ça réunira les troupes!

"Il y a 10 petits oiseaux sur un arbrisseau
10 beaux oiseaux sur cet arbrisseau
Si l'un d'eux s'envole, s'envole avec le vent
Il y a 9 oiseaux sur cet arbrisseau..."