mercredi 1 août 2007

Où on se débaptise

J'ai entendu quelque part quelqu'un qui disait :
"J'ai besoin de croire à une chose qui me dépasse sinon cette impuissance me dévorerait."

Oui on a besoin parfois de se raccrocher à des choses qui nous dépasse.
C'est pourquoi certains se tournent vers la religion.

Et moi?
Aucun besoin de religion, j'ai besoin de penser par moi même. C'est trop intime pour le partager avec d'autres. En même temps je n'ai véritablement rencontré comme religion que la religion catholique (enfin, ce que les humains en ont fait...) et je ne m'y retrouve absolument pas.
Se confesser à un prêtre est pour moi comme un viol mental. Lorsque je préparai ma communion, j'ai dit au prêtre que parfois j'étais méchante car je me disputais avec ma petite soeur. A part un sentiment de ridicule, je voyais bien que ça l'ennuyait profondément de faire défiler des tas de petits qui racontaient comment ils avaient éventré la peluche de leur cousin ou cassé son vélo.
Mais j'ai appris les protestants discutent directement avec leur dieu, sans intermédiaire. Cela me semble plus intelligent, et plus honnête. On peut mentir au prêtre, et il vous absoudra. Si vous êtes suffisamment crétin, vous penserez que votre faute a été lavée...jusqu'à ce qu'elle vous rattrape. Par contre, il est très difficile de se mentir à soi-même. Et lorsqu'on le fait, on est jamais dupe.
Et une religion qui interdit le plaisir et a pour emblème un pauvre garçon qui souffre et qui saigne ça peut pas être pour moi.
J'ai besoin d'honorer le bonheur.
(ou alors Jésus était masochiste et il était heureux sur sa croix, mais ça ne nous a pas été présenté ainsi...).
Et comment suivre une religion lorsqu'on sait que ses rites sont fondés sur des choses qui n'ont plus court?
Ne pas manger de viande le vendredi? Oui, pour une question d'hygiène... Mais on a appris à conserver, transporter, cuire, modifier.
Ne pas manger de porc? Oui, lorsqu'on vit dans des régions propices aux parasites, et c'est vrai que les cochons mangent tout et n'importe quoi. Mais les porcs d'aujourd'hui sont bien élevés, et on a appris à faire cuire la viande correctement.

A la rigueur, si je dois être prêt de quelqu'un dans l'attitude, je le serais des premiers chrétiens. Ceux qui refusaient de se battre. Des vrais hippies. Ils respectaient tout le monde (même les gens différents d'eux!) et voulaient juste faire leurs affaires dans leur coin.
C'est pour ça qu'on les jetait au lion. Trop frustrant de les faire combattre, ils n'auraient pas bougé face à une horde de gladiateurs. Pire, ils avaient le sourire aux lèvres. Cela aurait déconcentré les grosses brutes en face et rendu la mort des condamnés terriblement ennuyeuse. Les lions, eux au moins s'en fichaient du sourire et déchiquetaient joyeusement.

Ces chrétienssemble-t-il ce seraient jamais parti en Croisade contre les affreux, n'auraient jamais obligé les sud-américains à changer leur vie, n'auraient jamais imposé leur dieu en le disant non seulement meilleur, mais aussi unique! (de tous les autres table rase, nous avons raisons et vous tort, depuis la nuit des temps!).

Lorsque j'ai entendu l'histoire de ces gens là (merci France Inter) je me suis demandé ce qu'il avait bien pu leur passer par la tête pour devenir ce qu'ils ont été par la suite. Entre croisés sanguinaires et missionnaires arrogants...
Peut être que vaincus par les lions et les tigres, ils se sont dit que la gentillesse ne payait pas et qu'il fallait devenir aussi con que les autres (qui en l'occurrence étaient les romains, les mêmes qui avaient plagié les dieux des grecs par flemme de se créer les leurs ou par arrogance, de ne pas avoir les mêmes, tout simplement).

Et moi donc dans tout ça?

Effayée de me voir sans religion, ma mère m'avait dit "Ils doivent être malheureux ceux qui ne croient en rien!" (je signale que ma mère est loin d'être bigotte, j'ai grandit dans une foi sociale, on va à l'église parce que c'est social, pour les grandes occasions, aucune philosophie associée).
J'ai senti qu'elle avait peur pour moi. Et ce jour là pourtant j'étais heureuse, posée et en accord avec ma conscience et mes chakras ... enfin bref, tout allait bien.
Je lui ai juste répondu que j'allais très bien et que je n'avais aucun besoin de croire en quelque chose, en quoi que ce soit. Croire en l'Humanité était déjà suffisant (et assez difficile).
C'était il y a 3 ans.
Et c'est toujours aussi vrai.

Je crois qu'il y a des choses qui nous dépassent.
Mais je ne ressens pas le besoin de les expliquer ou de les raisonner.
Si on tombe malade, si ça ne va pas, ça peut être de notre faute, ou par pas de chance, ou parce que c'est comme ça.
Aucun besoin de rejeter la faute sur un dieu quelconque, pas besoin de coupable.
Et si tout va bien, pourquoi ce serait 'Grâce à Dieu!!". Pourquoi ne pourrait-on pas être son propre chef et fabriquer un peu de son bonheur?

J'avais été profondément choquée et blessée lorsque apprenant ma réussite à ma licence ma grand-mère s'était écrié "Merci mon Dieu" en levant les yeux au ciel. Pas de bravo, pas de "tu as travaillé dur, tu l'as mérité". Non. Je devais ma réussite à un pouvoir divin qui aurait guidé mon stylo sur les copies.
Et une bonne blague, j'ai dû être tellement vexée que aussitôt j'ai cessé de réussir et me suis empressé d'enchaîner les échecs, et je n'ai plus rien réussi depuis au niveau professionnel mis à part ma ceinture noire (et celle là je l'ai bien sué, sans apport céleste, et je la dois aussi à ma prof, Yolaine qui a cru en moi) et mon année de PE2, là aussi rien de divin, juste des week-end de boulot et une foi indétructible ... en mon métier.


Je comprends que certains aient besoin de se raccrocher à des religions...
Moi j'ai trouvé mes forces ailleurs. Là, au fond de moi.
Que des avantages! Mon église se transporte avec moi, elle est toujours ouverte, elle n'est pas dupe de mes mensonges (et inversément).
Et l'amour de mon dieu, il est partout où j'ai bien envie de le voir, et quand j'en ai envie.
Et je n'ai pas besoin de savoir ce qu'il y a après la mort. Il doit y avoir quelque chose, même si ce n'est rien. Et le jour venu, je le saurai.
Il faut savoir garder des surprises, sans ça, on s'ennuie et on vit sans espoir.


"Chaque homme est reponsable de sa religion", me serrine Gandhi.



3 commentaires:

Anonyme a dit…

Je voulais pour nous deux bien mieux qu'une croyance
Alors je t'ai trouvé une sorte d'église
Dont les murs ne sont pas couverts de faïence, ni de marbre
Les vitraux je les brise, les piliers sont des arbres
L'autel est un rocher tapissé de lichen
On y parle, ni pardon, ni péché
On n'y fait pas l'commerce de douleurs et de peines
On n'y adore ni Dieu ni Diable
Mais la beauté des corps et le sort qui a mis ton amour dans mes veines

Je nous veux sans frontières, sans limites et sans lois
Je veux te respirer, te vivre et vivre en toi
Et croire qu'avant nous tout ça n'existait pas

Nous deux, nous méritons bien plus haut qu'une voûte
Alors je t'ai trouvé une plaine sans routes
Et sans autre limite que les points cardinaux
Et sans traces que celles de nos chevaux qui absorbent l'espace
Au sommet d'une colline j'allume une flamme
Pour qu'on sache qu'un homme une femme
Fêterons sous la Lune la nuit de l'origine
Sacrifice au bonheur de leurs âmes, au futur de leurs fils
Ici les Dieux s'adorent sans aucun artifice

Je nous veux sans frontières, sans limites et sans lois
Je veux te respirer, te vivre et vivre en toi
Et croire qu'avant nous tout ça n'existait pas {x2}

Et croire qu'avant nous tout ça n'existait pas {x2}


Une sorte d'église - Daran

Anonyme a dit…

je précise que le message du dessus n'est pas de ta soeur, mais d'une usurpatrice qui a le culot de porter le même prénom que moi, sans doute dans un besoin irrépressible de se rapprocher de ma perfection! Je ne me serai jamais lancé dans une tirade aussi poétique, tu te doutes bien que je me serai moi contenté d'une vanne foireuse du style "mon dieu, mais Satan t'habites!!"

:-) Bon, c'est bon, je sors!!!!

Anonyme a dit…

A la voleuse de prénom des autres....

j'étais là avant quand même...bah oui, je viens d'avoir 30 ans !!!
;)
Et en matière de perfection, je m'y connais un rayon de bicyclette....Je crois même que ce mot a été inventé pour moi....en toute modestie bien sûr...

:)))